La compagnie Mauvais Coton en résidence au PôleJeunePublic

Écrit par Clotilde Hardeman.

A l'occasion de la résidence de la compagnie Mauvais Coton au PôleJeunePublic du 26 Février au 9 Mars , Anne Lise et Fanny ont eu la gentillesse de répondre à quelques questions : 

Pouvez-vous nous parler de la compagnie ?

Anne lise : J’ai créé la compagnie avec une autre fildefériste, Laure Rauss en 2006,10 ans ont été fêté et nous continuons. Nous avons fait plusieurs créations différentes, ensuite, d’autres personnes  se sont intégrés au projet et actuellement nous sommes deux co-directeurs, avec Vincent Martinez, qui a créé une machine originale qu’il a appelé "Culbuto" et avec laquelle il tourne en  spectacles. Nous avons plusieurs branches, on où l’on propose des choses différentes ici pour « Ombre d’elles » j’avais commencé à travailler le duo sur le fil depuis le début de la création de la compagnie et, de fil en aiguille, j’ai proposé à Fanny de collaborer avec moi.

Fanny : Depuis 2012, nous travaillons ensemble sans projet particulier, pour le plaisir et pour se découvrir. Puis on a eu la volonté de partir sur un projet de création, nous avons donc  réellement démarré en 2015 après une année de recherche et un heureux évènement !

Quelles sont vos spécialités respectives ?

Fanny : Aujourd’hui c’est vraiment le fil, je suis passée par différents agrès à mes débuts puis j’ai fait beaucoup de trapèze fixe et de portés acrobatiques ensuite, j’ai été voltigeuse avec Vincent de la compagnie Mauvais coton. Enfin je me suis concentrée sur le fil et j’ai laissé de côté tout cela. Mais je reviens un peu au porté acrobatique parce que je fais une reprise de rôle sur un spectacle où je me retrouve voltigeuse 10 ans plus tard, donc ce sont des choses qui me servent aujourd’hui mais que je développe moins. Cepandnat, plus les années passent, plus je ressens un attrait pour la danse ou une discipline avec moins de risques physiques.

Anne Lise : J’ai commencé avec d’autres disciplines puis suis venue au fil . Et ce qui est marrant dans mon parcours de fildefériste, c’est que souvent on m’a demandé de faire du fil,mais l’on se rendait compte que c’était assez compliqué techniquement et donc je me retrouvais à faire de l’équilibre. Dans ce spectacle, nous sommes clairement fildeféristes mais dans d’autres, plutôt équilibristes. C’est la richesse de ce métier et des propositions artistiques que l’on peut nous faire. Je me suis par exemple retrouvé à faire du cadre aérien alors que je n’en avais jamais fait ! Mais il y a quand même d’autres disciplines, même si je m’y mets demain, je n’y arriverai pas. Mais notre formation de base nous permet d’essayer et de tenter !

Quels sont les objectifs et le but de cette résidence ?

Anne lise : Le but pour moi est une reprise physique du spectacle parce que je me suis arrêtée un an, puisque j’ai eu un bébé. Pendant ce temps, Fanny a quant a continué le spectacle avec une autre fildefériste. Donc dans un second temps c’était de se réapproprier le spectacle ensemble et faire en sorte d’être prête pour la tournée d’été.

Fanny : C’est une retrouvaille, on en profite pour re-questionner l’écriture, le fond du spectacle, avec notamment la metteuse en scène qui sera présente en fin de  résidence. La trame reste la même.

Avant cette résidence saviez-vous déjà quels aspects vous vouliez apporter au spectacle ?

Fanny : Oui, un spectacle évolue en fonction de ses acteurs et ses artistes, de nos vies personnelles et en 2,3 ans il y a des choses que l'on assume moins ou différemment, donc nous avons fait le choix de réadapter certains aspects du spectacle, pour l’assumer pleinement

Comment organisez-vous votre travail lors de cette résidence ?

Fanny : La première semaine, le matin,  concentration sur la reprise technique sur le fil en solo et à deux, pour retrouver nos marques. Puis l’après-midi,  reprise du spectacle que l'on avait morcelé pour la mémoire. Mais aussi  voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne plus, ce que l’on assume ou ce que l’on assume plus. Et la deuxième semaine nous avons tout repris et avons modifié des choses. Ensuite les derniers jours nous proposons un filage avec la metteuse en scène, qui sera une base de travail pour l’affinage du spectacle.

Il y a une dominante féminine dans ce spectacle, est ce que cela a un impact dans vos créations ?

Fanny: Je pense que oui, dans nos envies de créations, de propos à titiller. Il y avait quand même cette dimension de la place de la femme, qui ne se voit pas forcément de manière évidente dans ce qu’est devenue la création aujourd’hui, mais ça a été une base de recherche et de thématique. Puis forcément, on arrive avec notre énergie de femmes et nos parcours.

Anne Lise : C’est vrai que l'on est deux sur scène, et on a travaillé avec une metteuse en scène on se retrouve à trois femmes mais deux hommes sont présents avec nous, Nicolas à la création musicale, et Éric à la diffusion. Nous sommes malgré tout une équipe mixte. Ce qu’on a eu envie d’aborder dans ce spectacle, c’était, au-delà de la différence homme/femme c’était vraiment la différence entre les êtres, entre chaque relation, chaque caractère, chaque corps ; Parce que nous sommes deux femmes mais  très différentes, et c’est là, la richesse du propos. Dans « Ombre d’Elles », ce sont deux personnes qui commencent par être en rivalité puis c’est la manière dont tu laisses de la place, comment tu arrives à t’approprier le bon de l’autre, au final à être ensemble et plus fort encore.

Pour vous le cirque, et le spectacle vivant en général doivent-ils avoir un but ?

Anne lise : Si je fais du cirque c’est pour parler de pleins de choses différentes et par l’exploit de part la proximité avec le public. Dans la tradition du cirque, on transmet déjà des choses, donc c’est quand même assez riche. C’est clair que si je fais des spectacles c’est pour essayer de parler, de partager, d’évoquer. Après, je ne me dis pas, dans tel spectacle «  j’ai un but très clair, je veux parler de ça ». En général en tant que spectateur, tu vas voir un spectacle puis il te vient des choses, je trouve ça pédant de dire « je veux parler de ça et je veux que ce soit super clair », mais je trouve ça génial les personnes qui le font et qui y arrivent. C’est le mélange de tous les arts du cirque qui nous permet de parler de sujets différents.

Fanny : Je pense que c’est avant tout des histoires de choix et de direction artistique, donc je ne suis pas convaincue qu’il faille absolument apporter un message. Pour moi le simple fait d’être dans la création, c’est déjà porteur d’un acte fort dans nos sociétés, le cirque questionnant déjà les limites. Le fait de créer c’est déjà être vivant. Et effectivement le spectateur se fait ses propres lectures et interprétations. La matière physique et le mouvement peuvent déjà beaucoup exprimer. Dans ce spectacle il y a une histoire, une trame, ainsi que plusieurs messages qui peuvent être véhiculés, plus ou moins subliminaux.

Pouvez-vous nous parler d’un souvenir marquant lors d’une représentation du spectacle « Ombres d’elles » ?

Fanny: Je me rappelle de la saison dernière, nous avons fait des représentations à 40° en plein soleil, c’est quand même chaud à gérer physiquement !

Anne lise : Ce dont je me souviens, ce dont les phrases des enfants, tu essaies de ne pas rire, parce que tu les entends super bien. Ils n’ont aucun souci à s’exprimer en direct, c’est quelque chose que j’adore, ça créer des interactions et c’est chouette.

Avez-vous des dates de tournée pour ce spectacle ?

Nos premières dates sont à la fin du mois de Mai ! La tournée est en création en ce moment, on attend des réponses de différents festivals.

Site internet de la compagnie ici