Comment ai-je pu tenir là dedans ?
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mars
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08 mars 2011
19:30,
09 mars 2011
15:00,
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D’après La Chèvre de monsieur Seguin d’Alphonse Daudet
C’est avec une faim de loup que Jean Lambert-wild et Stéphane Blanquet emmèneront les spectateurs dans un univers fantasmagorique. Ils proposeront un voyage visuel féerique et déroutant qui mettra en valeur les diverses saveurs de cette fable mythique d'Alphonse Daudet : l'enfance, la soif de liberté, les frustrations, les transgressions, les transformations du corps, les peurs, la joie de vivre et de se croire aussi grand que le monde...
Comment ai-je pu tenir là dedans ? est chargé de toute la simplicité propre aux grands contes ; de cette pureté faussement naïve qui éveille l’imagination, la fascination et les interrogations des enfants, autant qu’elle bouscule les adultes dans la méditation. La chèvre, blonde aux yeux bleus broutant tranquillement son chewing-gum, se laisse guider par la voix du narrateur. Mais la biquette s’ennuie. Elle décide alors de s’affranchir de sa routine et de se retrouver en pleine nature. C’est le moment que choisit le loup pour pointer le bout de son nez… Le jeu décalé, empreint d’humour est un clin d’œil à la condition humaine. La Comédie de Caen pose un regard neuf sur l’œuvre d’Alphonse Daudet. Une poésie à la fois douce et amère.
Le spectateur aura la liberté de s’approprier ce spectacle à plusieurs vitesses.
Scolaires à partir du CE2: le jeudi 10 mars. |
Livre d'OR
Vos avis sur ce spectacle :
La chèvre de Monsieur SEGUIN avait un petit béguin pour la liberté. Elle avait essayé de s’accoutumer à ce petit carré de jardin propret et bien délimité mais l’ennui et la curiosité avaient eu raison de sa patience. Un beau jour elle décida de fuir cet univers étriqué et sans méfiance, elle s’en alla baguenauder. La liberté était enivrante, pleine de surprises exaltantes et notre petite Blanchette n’en finissait pas de batifoler, de caracoler, insouciante et inconsciente du danger. Mais c’était sans compter sur le loup qui guettait et attendait le moment fatidique pour s’abattre sur la proie idyllique. Notre Blanchette se défendit avec énergie et ce ne fut qu’après une rude bataille qu’elle livra ses entrailles. La liberté avait été de courte durée mais d’une telle intensité…….qu’elle n’avait rien regretté. Les parents verront au travers de ce conte une mise en garde de bon aloi pour protéger la fragilité et la naïveté de leurs enfants qui, en bons petits soldats obéissants et confiants, comprendront la morale suggérée et ne s’écarteront donc pas des sentiers balisés par la société. Mais la Blanchette de ce spectacle ressemble étrangement à la femme d’aujourd’hui qui sous couvert de féminité est souvent inféodée aux tâches ménagères, reléguée aux postes subalternes et n’en finit pas de se battre pour faire reconnaître sa légitimité. La corde qui l’étrangle à chaque élan vers la liberté est certes invisible mais non moins solide. Il lui faut correspondre aux normes de la société : être belle comme dans les magazines, aimante, polyvalente, disponible et en bonne mère de famille elle n’aura de cesse de changer de tablier. Elle endossera tour à tour celui de la cuisinière, de la femme de ménage, de la repasseuse, de l’employée modèle et de l’épouse fidèle. D’aucuns n’hésiteront pas à l’exciser sous couvert de tradition et pour conserver le droit à l’IVG il leur faudra beaucoup de détermination. La liberté que l’on croyait acquise a tout d’un coup un goût amer, celui de la fragilité et des combats qui ne sont jamais définitivement gagnés. Il leur faudra alors se regrouper et s’entraider pour faire reconnaître leur droit d’exister dans toute leur intégrité. Pour cela elles seront motivées par le vent de liberté qui souffle en ce moment aux portes de la méditerranée et qui fait vaciller les colosses aux pieds d’argile que l’on croyait invincibles. Voilà les réflexions que ce spectacle a suscitées. Je n’avais jusque là jamais analysé la Chèvre de Monsieur Seguin comme un conte à la gloire de la liberté qui n’a pas de prix et qui justifie que l’on brave tous les interdits, une liberté dont l’intensité permet d’accepter la brièveté. Je reçois ce spectacle comme un électro-choc qui rend palpables les prémisses d’un régime autoritaire où démocratie rimerait avec oubli. Notre liberté est en danger, il nous faut la préserver. Le méchant loup est plus que jamais d’actualité. Je ne peux que vous inviter à aller voir ce spectacle enchanteur et plein de poésie qui est porté avec brio par une comédienne sensationnelle qui évolue dans un décor inventif rythmé par une musique à la fois grave et légère.
par Douceline, le
09 mars 2011.